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Xian
visite de la ville
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Ces remparts ont servis du temps de la Republique de Chine lorsque Liuzhen hua voulait envahir la ville. Xian a fermé ses portes pendant plusieurs mois et il n' a pas reussi a rentrer.
Selon les principes de géomancie chinoise les villes 'officielles', construites par volonté, sont pourvues de rues, fortifications orientées Nord Sud ou Est Ouest.
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| La grande pagode de l'oie dans le temple
Cien. Elle est au Sud de la ville
de nos jours, à quelques km, mais dans les remparts de Changan à
son époque.
Créé sous la dynastie des Sui. Dans le grand temple Cien ( rebaptise Cien en 648 pour honorer sa mere l'imperatrice Wende ) il y avaient 300 moines. Il comportait 2000 pièces. Le maître bouddhiste Xuanzang l'a construit et y est venu en 652 pour étudier des sutras qu'ils a ramenés d'Inde lors de son séjour de 17 ans. La pagode servait a conserver les 1335 volumes des 74 sutras. La partie gauche comporte une aile en construction. Forme carrée de la pagode, plusieurs niveaux des jardins, temple, urne à brûler l'encens. |
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Parc Xingqing,
Au Sud-Est des remparts.
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Bassin entouré de jardins. Il y a des chanteuses dans le parc. Une scène est montée, micro, hauts parleurs, chaises. On vient y écouter les chanteuses en se prélassant ou chanter soi même. L'animatrice, en robe longue passe avec son carnet pour noter les volontaires, qui chacune leur tour prennent le micro. Grosse utilisation de l'éventail et de ... la mini jupe. Sur les côtés les ouvriers tendent les bâches, allument les fours, se douchent avec une bouilloire. Ils y vivent.
Musée d'histoire.
On y apprend que dans la montagne Qinlin
toute proche des traces d'hommes datent d'1.150.000 ans. On y voit les
fameuses poteries avec le tripode aux pieds creux et bombés ( 4500
ans av JC ), des bronzes 16-11 eme siècle avant JC et les fameux
tripodes en bronze avec bec verseur et les deux attaches sur les côtés
( dynastie Shang ). C'est un très beau musée, avec gardes
militaires. Il couvre du néolithique à 1400, sur la région
su Shaanxi. Une fois de plus, cette région est LE berceau de la
civilisation Chinoise. D'1M d'années av JC à presque nos
jours. Les plus récentes dynasties sont parties à Beijing
( Pékin ), plus près des intérêts Mongols. Même
Mao est né pas très loin, à une centaine de km au
Nord de Xian. Après avoir fait la tête sur le montant du livre
que je voulais on me sort le "discount", et hop 30% de moins. Il ne faut
jamais payer le prix de base, tout se discute.
Quartier Hui - musulman.
Quartier situé dans un ensemble
de rues un peu à l'Ouest de la tour de la cloche. Les petits fours
à charbon pour la cuisine crachent le feu sur le côté
rue. Il faut faire attention car ils sont placés sur le trottoir
et brûlent tout ce qui passe à côté avec des
flammes de vingt centimètres. Je suppose qu'il doit y avoir de nombreuses
brûlures vue la taille de ces flammes et leur emplacement.
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C'est un quartier avec panneaux ecrits en Chinois et Arabe. On y mange beaucoup de viande de mouton, des pates fraîches et des épices à foison. Les gens portent les 'toques' musulmanes, les vénérables portent une barbe blanche. Les rues sont étroites et le quartier comporte de nombreux restaurants. Les restaurants ont tendance à déverser là où ils sont les détritus dehors. Les cuvettes d'eau usagée sont déversées sur le trottoir. Il y a de temps en temps des tas de déchets qui attendent plusieurs jours avant d'être enlevés. Chacun balance son tas de détritus qui attérit plus ou mois prés du tas. A noter les criquets dans des petites cages que l'on accroche en hauteur. On les entend très souvent. De temps en temps on voit quelqu'un qui a l'air de ne rien faire d'autre que de promener le criquet, qui d'ailleurs est très content et chante ( fait vibrer ses ailes ).
Il y a plusieurs Mosquées dans le quartier, dont la grande. C'est une Mosquée mais à la Chinoise, pas de minaret. Un ensemble de pavillons classiques en bois autour d'un jardin. Des inscriptions en Arabe et Chinois. C'est assez joli. Dommage qu'il n'y ait pas cette architecture arabe avec façades aérées, pièces fraîches, en pierre, cours intérieures.
J'y ai vu deux fois un homme aux yeux bleus, surement originaire du Nord Ouest, peut être un Tadjik ?.
28 Juillet 1999
Marché aux ouvriers
Il est près de la porte Sud. Ils sont là, avec leurs outils et
attendent du travail. Ils dorment là, prêts à être
choisis au matin. Qui est là avec une pelle, une pioche, un rouleau
à peinture, un marteau, un tricycle. A sept heures du matin les rues sont pleines.
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Ceux qui dorment dans les rues essayent de finir leur nuit mais l'activité de la rue très animée est un reveil efficace. Je veux descendre dans une galerie commerciale et me dirige vers l'escalator. Il y a un groupe de trois personnes qui restent devant le passage sans s'engager. Je passe et me retourne. En fait la femme ne doit pas etre habituée aux escalators et a peur de le prendre. Elle finira par le prendre et de peur de perdre l'équilibre s'assied sur la marche en mouvement, perdant au passage ses bouteilles d'eau en plastique qui dévalent les marches. La plus jeune fille est toujours en haut faisant des non de la tête l'air de dire, non j'ai peur j'y vais pas. Le mari est allé avec la femme, visiblement plus habitué.
Musée des Arts,
Aussi appelé forêt des
stèles.
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La stèle classique
portée par la tortue symbole de longévité
( surement car elle vit longtemps et se déplace lentement comme si elle avait l'éternité pour elle. La stèle se veut un repère stable, dans la pierre, au dela des générations. |
Dans d'autres batiments il y a une grande
et très précieuse collection de 3000 stèles, pierres
gravées. C'est étonant la finesse avec laquelle le graveur
arrive à reproduire les trainées q'un pinceau fait avec une
écriture rapide. Ce n'est pas aussi fluide mais ils arrivent à
graver les trainées d'encre que fait le pinceau quand il est en
fin de course. Les 'pleins et déliés', l'épaisseur
et l'inclinaison du trait, tout est bien gravé, même sur des
petits caractères. Les sujets vont de la stèle funéraire
au dictionnaire de certains termes, aux apologies, aux 5 écritures
de Zengshen datant de 777 avant JC. Le musée contient les stèles
originales des 13 canons de la pensée chinoise, dont les 9 écritures
confucéennes. Toutes ces pierres sont de vrais trésors.
D'autres stèles : ici
Les 13 canons
Ce sont les grands classiques
à étudier, que les lettrés connaissaient. Pour référence :
+ Le canon de la piété filliale
Shitai,
Les trois Rites :
+ Les rites de la dynastie des Zhou,
+ Le livre du rituel,
+ Le livre des rites,
+ L'histoire (il s'appelle aussi Le livre,
ou le livre des écritures),
+ Le livre des changements de la dynastie
des Zhou ( ou livre des changements),
+ Le dictionnaire des termes,
+ Les annales de Confucius,
+ Le livre des Songs,
+ Les commentaires de Zuo sur les annales
Printemps et Automne,
+ Les commentaires de Guliang sur les
annales Printemps et Automne,
+ Les commentaires de Gongyang sur les
annales Printemps et Automne,
+ Le livre de Mencius
A noter aussi le livre des odes, poême
reflétant la société de l'époque.
Pour info 'Printemps et Automne est le
nom d'une période de l'histoire chinoise, environ 800-500 av JC.
Les stèles avec les canons d'inscrits sont assez grandes, en gros un peu plus de 2m de haut. Il y a environ huit 'chapitres' de dix lignes de quarante caractères, (8 x 10 x 40) soit 3200 caractères par face, sur ... 200 stèles pour les 'classiques'. Les caractères sont bien taillés, bien alignés, du beau travail. Pour ces canons de la pensée, le but était de posséder une référence qui soit à l'épreuve du temps. Les copistes qui souhaitaient être surs d'avoir le bon texte allait recopier à partir de la pierre au lieu de recopier à partir d'une copie, avec peut être un caractère altéré qui aurait été remplacé par un autre lors de la copie, changeant ainsi le sens. Et ma fois ça a marché puisqu'on les a encore de nos jours. Ces livres en piere étaient conservés à l'Académie impériale à Changan. Pour les stèles sur les 13 canons cela représente en gros 114 stèles et 650.000 caractères. Celle de Kaicheng est la plus conservée des sept écritures qui ont été faites. Sous les Qing ( dernière dynastie ), le livre de Mencius a été ajouté. La 'Forêt de stèles' dans l'emplacement actuel a été fondée en 1087 et regroupe dans un même endroit les canons ainsi que de nombreuses stèles funéraires. Sur le livre des visiteurs je leur ai indiqué qu'ils pouvaient faire un peu plus attention à la conservation du patrimoine notamment dans les tombes ouvertes.
Cette Forêt de stèles, comme elle est appelée a été initié sous la dynastie des Song.
Il nous reste à trouver nous aussi un support pour transmettre aux générations futures. On en est bien loin. La pierre ne transmet pas grand chose vue sa taille. L'informatique ne transmet rien si on ne passe pas son temps à retranscrire et ne marche que dans des conditions de grande technologie. Des milliards de gens n'y ont pas accès, c'est donc quand même pas un outil de masse contrairement aux cailloux ( stèle ) ! Le bouche à oreille n'est pas superbe à cause des distorsions. Le livre reste le support mais s'abime vite. Alors, des idées, entre le caillou et le cd-rom ?
Victor Segalen, médecin de la Marine Française a utilisé les stéles comme
support pour ses poèmes.
29 Juillet 1999
Visité une tombe bouddhiste peu
intéressante avec d'interminables couloirs sous terrains, peut être
trois cent mètres de couloirs glauques avec des peintures sans intérêt.
A côté de la grande pagode de l'oie.
Grande promenade sur tout Dongdajie, puis en direction Sud sur le côté du rempart Est. Il y a énormément de travaux dans la ville. Elle doit se faire belle pour les célébrations du cinquantenaire de la création de la République Populaire, le 1er Octobre. Les trottoirs sont refaits sur des kilomètres. Vous passez à un endroit en soirée et repassez le matin, ce n'est plus le même. Pendant la nuit, la chaussée a été ouverte sur cent mètres, des bâches ont été placées sur les devantures, des tas de briques sont entreposés et les ouvriers refont déjà l'ensemble.
Le bocal à thé
Revenons
à la réalité, au quotidien, loin de la cérémonie
du thé que l'on peut s'imaginer, pour transporter son thé
en permanence avec eux les Chinois utilisent des bocaux. Ceux en verre
ressemblent aux bocaux à cornichon et ont la même taille,
le même aspect et le même type de couvercle plat. Ceux en plastique
seront à peu près similaires mais avec un couvercle plus
haut, supportant une anse souple qui part du haut du couvercle et va se
fixer sur une bague qui est solidaire du bocal. Ainsi, en tenant la bague
souple avec un ou deux doigts on porte le bocal. Donc les gens sont en
permanence avec le bocal en verre à la main, ou la bague en plastique
le long d'un ou deux doigts. Et, régulièrement le rituel
se perpétue : je dévisse, je bois, je revisse. Dedans il
y aura du thé avec les feuilles en suspension que l'on voit très
bien, ou simplement de l'eau chaude. A Hong Kong les gens, plus riches,
ont des bocaux similaires mais isothermes avec anse fixe. Mais ils ne les
portent pas dehors. Ils restent sur le bureau puisqu'ils en ont un autre chez
eux.

Préparations
Par exemple à Pékin pour
les célébrations, ce sont par milliers que des boutiques illégales
ou ne représentant pas de bonnes valeurs ( saunas érotiques,
vente de CD pirates, massages spéciaux, kara ok douteux) ont été
fermées, 100.000 gens illégaux ont été mis
dehors, un demi million de livres, CD douteux confisqués ... pour
nettoyer la ville. Les hotels sont réservés et ceux qui donnent
sur les avenues avec défilés louent les suites très
cher vue la demande. La suite la mieux placée se loue environ 20.000
FRF la nuit. Un million et demie de personnes pour le défilé.
Evênement à échelle Chinoise. Cet anniversaire est
un très grand évênement et les villes s'y préparent
longtemps à l'avance à coup de grands travaux. 1er Octobre,
Fête nationale Chinoise.
21h30
Les chantiers sont aussi actifs la nuit.
On entend les coups de marteau, les soudures ... Les ouvriers vivent sur
le chantier. Celui à côté de l'hotel, une construction
de bâtiment, travaille toujours. J'écris au son de la flûte
d'un ouvrier qui se détent. C'est assez joli. A l'heure de la fin
de journée de travail, chacun y va de sa lessive, se lave, fait
la cuisine dans le fourneau, tend des bâches pour se faire un chez
soi et s'installe pour peut être quelques heures de repos avant de
recommencer au matin. Les moins chanceux travaillent. Pour les chantiers
dans la rue les ouvriers étendront une natte par terre à
côté d'un endroit illuminé, même si ça
doit être sur la route. Ils doivent avoir peur de se faire voler
ou trouer la peau en se mettant à l'écart, au calme, mais
hors de vue.
Et toujours à toute heure cette même indifférence du cycliste ou piéton aux voitures qui claxonent sans arrêt pour se signaler. La voiture sillonne entre les piétons qui traversent où ils veulent, même sur les autoroutes. Le piéton marchera tranquilement sans détourner le regard, comme pour indiquer que la route est à lui aussi. On s'y fait très bien et je traverse moi aussi en ligne droite en plein rond point du genre la Concorde ou la Bastille avec des grosses concentrations de véhicules. Le plus surprenant c'est le vélo ou vélo-charette qui tournera son guidon du nombre nécéssaire de centimètres pour s'écarter un peu mais pas trop, car il n'y a pas de raisons de s'écarter plus. La voiture s'écartera du même nombre de centimètres pour ne pas rentrer dans le cycliste. De temps en temps il y a un attroupement, c'est qu'il fallait malheureusement quelques centimètres de plus. Il faut faire très très attention en sortant d'un véhicule en ouvrant la porte à ne pas blesser un cycliste qui se sera juste dévié un peu pour doubler.
Les échopes sont ouvertes, on met une petite table devant sur le trottoir qui n'est pas du tout fait pour marcher mais est une continuité de l'atelier, du restaurant ou du chez soi. On y continue l'entreprise, s'en sert comme atelier, lieu de stockage, vitrine, ou y joue aux echecs chinois, souvent sur un morceau de tissu avec le maillage de dessiné dessus. Des pièces en bois ou cailloux serviront de pions. Il faut bien sur faire du bruit en jouant et taper les pions au sol, comme les joueurs de cartes frappent la carte sur la table. Bien sur on vend de tout. Un congélateur hors d'usage sera toujours utilisé avec des blocs de glace pour conserver les boissons fraiches et les vendre aux passants. Quelques tables et hop on ouvre un restaurant, et bien sur tout le monde qui me regarde et scrute quand je m'assieds.
Alors on marche sur la route et les voitures et vélos se poussent d'autant. La ligne blanche de séparation des voies semble n'être qu'une suggestion. Chacun roule dessus, passe de l'autre côté pour doubler, roule à contre sens. Ligne blanche, quelle ligne blanche. Ah ça ! vous l'appelez comment déjà ?
Un CD ROM usagé ne sera pas jeté mais mis à l'arrière d'un véhicule pour faire plaque réfléchissante de signalisation. Les gens ne sont pas riches alors tout sert, et resert. Rien n'est gaspillé, on fait attention. C'est sûrement pour ça qu'ils discutent beaucoup avant de conclure. C'est que pour sortir les sous c'est dur. Un petit salaire ça sera 300 à 500 Yuans par mois. Pas de quoi gaspiller avec 500 Yuans.
La ville est assez basse en taille, deux trois étages.
Le soir dans les Karaokes, toutes les serveuses jouent aux dés avec les clients. Ca n'a pas l'air bien intéressant mais tout le monde y joue. Il faut visiblement remuer les dés, dans un pot, regarder et faire une annonce. Si le partenaire pense que l'annonce est sur estimée il demande à voir et doit boire s'il a perdu. Certaines filles sont vraiment expertes en dés et arivent à faire des motifs, du genre un dégradé (trois dés l'un sur l'autre, puis deux et un) rien qu'en les agitant dans le pot. Il y a un petit autel religieux et quelqu'un vient saluer la divinité entre deux bières au son des tubes de musiques
Qu'est ce qu'ils sont curieux !
Dans une galerie d'un musée, un
gardien m'aborde et me pose tout plein de questions sur les moeurs des
français. Un autre commence à regarder les poils de l'avant
bras et inspecte ma ceinture en cuir. Une des trois personnes est allée
jusqu'à toucher la ceinture pour voir si c'est du vrai. Les yeux
me scrutent sans arrêt, de haut en bas. Quand je passe, certains
anticipent un peu et se placent de manière à mieux voir quand
je vais passer à côté, et si je me retourne c'est à
coup sur qu'ils discutent de moi. On s'y fait et je n'y porte plus guêre
attention. Au contraire quand je vois un très curieux je vais vers
lui et essaye de demander ce qu'il veut voir. Si je m'assieds pour prendre
des notes, une ou deux personnes viendront se mettre juste à côté
et regarderont mon carnet. Si j'écris debout en marchant ils dévient
leur marche pour se rapprocher et mieux voir. Si je commence à parler
il y a vite cinq personnes qui viennent voir de quoi il s'agit. De temps
en temps quelqu'un que je croise regarde vaguement et tout d'un coup s'aperçois
que je ne suis pas Chinois. Et hop il fixe et inspecte cette curiosité
que je suis. C'est dangereux car le cycliste tournera la tête mais
continuera à avancer.
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La guide du tour Est me dit que je ressemble à un Chinois. Sur le séjour on m'aura pris par ordre pour un Américain, Français, Chinois, Pakistanais, Japonais et une fois Musulman. Rien que ça ! L'Américain, sans arrêt, le blanc = l'américain (meiguo). Je passe mon temps à dire que je ne suis pas meiguo mais faguo. Français, plusieurs fois. Un français est venu me voir en demandant directement "est ce que je peux me mettre à votre table ?" en Français. Je réponds "Comment savez vous que je suis Français ?" "Oh, ça se voit quand on a l'habitude". Il a la quarantaine avancée et a correctement voyagé dans sa vie. Pour le Chinois c'est tout à fait possible. Dans le Nord Ouest de la Chine il y a des Chinois 'caucasiens' et je suis toujours habillé en tenue de ville, pantalon sombre, chaussures de ville, chemise. Presque local. Je n'ai pas l'air du touriste classique. Je ne suis jamais en Jean ou short, T-shirt, tennis. Il y a des cireurs de chaussures partout et les habits ça se lave. De toutes façons je n'ai pas de Jeans ! Pakistanais, il y a beaucoup de soleil et je suis assez bronzé, les cheveux très court, peut être le style. Japonais, alors là mystère mais c'est arrivé une fois. Je suppose que comme ce sont des gens qui voyagent beaucoup et qui ont de l'argent, l'étranger habillé propre sur lui est pris pour un Japonais. Et Musulman une fois. A l'aéroport de Xian, j'étais assis en attendant mon vol et un superbe quinquagénaire en robe blanche, toque et barbe se plante devant moi, me dévisage et me demande "musulman ?". Ben non. D'où alors. France. Et il me fait le signe OK avec le pouce et me dit la France c'est bien ( en Français d'ailleurs ).
Des contrastes Chinois !
- La pléthore de pagers et téléphones
portables et la femme qui a peur de prendre l'escalator.
- On dépense 300 Yuans dans un
resto chic et 2 Yuans pour un plat dans le resto de rue (aussi bon d'ailleurs,
moins varié certes).
- Maison de thé avec thé
fins et superbes hotesses qui accueillent et bocal à cornichons
avec de temps en temps simplement de l'eau chaude dedans.
- Grosse cylindrée 4x4 brillante
et vélo charette.
- Hotel luxueux genre Hyatt et une natte
par terre dans la rue sous le lampadaire.
- Superbe fille en robe longue, talons
aiguille et celle habillée plus simplement.
- Boutique de luxe avec présentoirs
sophistiqués, articles de qualité et un bout de ficelle tendu
entre deux poteaux avec deux grappes de raisin à vendre.
- Grandes cuisines des restaurants chics
et le four à charbon dans la rue qui crache le feu sur le trottoir.
- Station essence et une bouteille d'un
litre sur un tabouret sur le bord de la route.
- Fille à la peau blanche et celle
à la peau abimée par le soleil.
- Paiement avec du liquide partout. (
les cartes de crédit sont très très rarement acceptées
)
- Une bierre dans un endroit un peu classe
coûte le prix de dix repas dans la rue.
- L'employée de bureau qui termine
sa journée à 17 h et le chantier qui travaille jour et nuit.
... et bien d'autres.
L'entrepreneur Grec que je rencontre un soir demande son addition en Cantonais ! Pourtant il vit a Xian. Je lui dis que ça ne marche pas ici. Ici c'est Han. Il me répond "mais si, c'est ce que je demande à Hong Kong". Oui certes à HK c'est cette langue mais la Chine a de nombreuses langues et ici le cantonais ça ne marche pas ! Toutefois comme en demandant l'addition il fait le geste de signature de la facturette, ça marche.
D'où venez vous ?
Ah, là c'est un peu dur pour moi.
Expliquer que je suis Français - donc vous vivez à Paris
- non à Hong Kong. Ah... silence. HK n'a pas une bonne réputation
en Chine. C'est l'étranger. D'ailleurs dans les aéroports
c'est l'aérogare international. Et la Chine n'a pas bonne réputation
à HK. Le Hong Kongais ne dira jamais qu'il est Chinois mais Hong
Kongais, à la rigueur Cantonais, mais pas Chinois. Il se prennent
pour l'élite vu l'avantage qu'ils ont eu avec les capitaux Britaniques
et la liberté pendant les cinquante dernières années.
Ils portent peu d'intérêt pour les 'mainland' (du territoire),
comme ils appellent les Chinois mais puisent amplement dans la main d'oeuvre.
Ils ne se mélangent pas.
Temple Taoiste de Taipai.
Les gens immortels Taoïstes, comme
le médecin.
Je rentre à pieds. Sur le chemin
du retour je passe par des sortes de 'puces' pour pièces détachées.
La caverne d'Ali Baba de l'ouvrier ou du bricoleur. Cela va de l'intérrupteur
au disjoncteur, engrenages, moteurs complets de toutes sortes, cables,
outils, vêtements... Les gens font leur vie dans le sommaire atelier
boutique de quelques mètres carrés. Ils y ont mis quelques
chaises, voire une petite table et joue aux echecs chinois ou aux cartes
en mangeant quelques pastèques et buvant du thé ou de l'eau
chaude. La pastèque est LE fruit roi. Je n'exagére pas trop
en disant que tout le monde en mange sans arrêt. Il apporte de la
fraicheur. D'autres se prélassent en attendant le client.
Les agences et taxis
Je passe par un hotel ( Bell Tower ) avec
l'agence de tourisme CITS incorporée. Je vais voir et demande les
prix pour aller un peu plus au Sud de Xian. Il vend un peu n'importe quoi
à des prix très élevés. Au bout de cinq minutes
de négociations il me sort une phrase du type "Je peux vous réserver
une voiture pour environ 500 Yuans". Comme si c'était compliqué
de lever le bras et commander un taxi ! Je lui réponds que c'est
n'importe quoi et parlant un petit peu Chinois je n'ai pas besoin d'un
chauffeur qui va me dire "ici c'est le temple" et c'est tout. Je veux un
tour en bus avec guide ou rien du tout. Il comprend bien que je ne paierai
pas ces 'voitures chauffeur' assez inutiles, car le chauffeur n'est pas
guide et je me débrouille seul pour les transports. Je lui rappelle
que pour le tour Ouest qu'il propose à 700, je l'ai fait pour 180
tout compris, une journée complète de bus et toutes les entrées
aux musées. J'arrête là la commande et continue à
faire la causette sur un peu tout et rien. On discute des ordinateurs,
de son traducteur électronique, des gens... Je vois qu'il apprend
l'anglais entre deux clients. Et puis il finit par me dire quelque chose
du genre. Allez, va, tu prends le bus numéro tant jusqu'à
l'Université. Puis un autre qui t'emmènera directement au
pied du Mont à visiter. Ca ne te coûtera que 4 Yuans de bus
et 20 pour l'entrée sur le site. J'ai fait mes études à
cette université, connais encore du monde et peux même appeler
une amie qui sera ravie de faire guide pour pratiquer son anglais.
Les agences et taxis, tous ces gens aux contact des étrangers ont quand même la nette tendance à nous prendre pour des cons et c'est le bon mot. Mais si on refuse clairement de payer le prix à gogo, comme par miracle les prix changent. Je reprends régulièrement le taxi qui ne prend pas la bonne route ou qui demande deux fois le prix. Le Grec qui travaille ici leur indique systématiquement que le compteur doit être sur 5 Yuans de prix de prise en charge et non les 6 que le compteur affichera dès que l'étranger a mis le pied dans le taxi. C'est pas pour le montant mais pour la forme. Il n'y a pas de raisons de cautioner un tel comportement surtout quand il est presque systématique. Un non ferme et les gens comprennent de suite et proposent un autre prix histoire de ne pas perdre une affaire quand même, car, ici, on a le sens du commerce.
Pour les achats tout se discute. On inspecte, négocie, il n'y a pas la notion de prix fixe avec une belle étiquette. C'est à la tête du client, et quand elle est étrangère les enchêres commencent plus haut. Quand vous êtes intéressés vous aurez plusieurs personnes autour de vous, chacun mettant son grain de sel, proposant son service, passe du temps à comprendre l'objet de la transaction dans tous ses détails pour tout vendre sans rien rater. Vous voulez aller à un endroit, bien il y aura le taxi qui vous proposera d'y aller, puis le vélo taxi. Ensuite le bus voyant qu'il se passe quelque chose s'arrêtera pour vous demander où vous allez. Du coup le taxi et vélo bus changeront vite fait, avec le nouveau prix il commencera à proposer de prendre le bagage, avec des OK, OK pour attendre une confirmation de votre part. Les vendeurs vous proposeront une bouteille d'eau pour le trajet, le chauffeur demandera si vous voulez aller ailleurs le lendemain. Avez vous un hotel, vous voulez manger ? Et quelqu'un qui ne peut pas assurer un service ira chercher le collègue qui fournira mais on ne rate pas une affaire, même petite.
Un chauffeur m'emêne à un temple Taoïste. Il me raconte tout plein de choses que je ne comprends pas sur le trajet. Je finis pas comprendre qu'il me dit que ce n'est pas bien d'aller là bas pour un Francais. Mais je n'ai pas compris s'il voulait dire "pas interessant" ou pas bien car un lieu religieux. Tout d'un coup, prês du temple il s'arrête et continue à raconter tout plein de choses. Il m'amuse car à chaque tournant il se passe quelque chose avec lui. Mais là ça devient long. Je monte d'un ton et à forte voix dis en Français "Ah c'est bon hein, maintenant tu m'emmènes au Temple et c'est tout" Et hop il repart. Ca coutait 12,70. Je lui donne 20 et attends la monaie. Il me dit qu'il n'en a pas. Je reprends mes 20 et lui donne 10, dis au revoir et fais mine de partir. Et hop la monaie arrive.
Le quartier n'est pas joli du tout, maisons de briques en terre avec paille, délabrées poussiéreuses, trottoirs défoncés.
Visite de la partie Ouest de la fortification. Petit musée Route de la Soie. Une employée fait sa sièste sur un tas de tapis près de la fenêtre. Il y a toujours quatre ou cinq personnes dans ces pavillons musée. Ils jouent aux cartes, dorment, boivent du thé, s'ennuient.
Il fait assez chaud et sec. Chacun se protège
comme il peut. De rien du tout à la casquette, une serviette sur
les épaules, sur la tête. Les bouteilles d'eau sont vendues
congelées de manière à rester fraiches plus longtemps.
Les éventails sont largement utilisés, du grand en tissu
à ceux en plastique. Les parasols sont fixés dans le sol,
là où il y en a besoin. Des attaches métalliques sont
fixées au sol aussi pour supporter les cordes qui fixent les baches.
Donc quand on marche on passe régulièrement sur ces attaches,
ou manque de se prendre les pieds sur une ficelle tendue pour la bache.
Aucune signalisation alors qu'un petit ruban sur la ficelle ne coûterait
rien et serait bien utile pour les passants. Des joueurs de cartes sont
dans une petite arrière cour, avec des poules ! Sont ils dans le
poulailler ou les poules dans la cour ?
Le vendeur de plats cuisinés n'a
plus de barquettes et les gens mangent directement dans des sacs plastiques.
J'ai vu plusieurs fois des gens marcher avec un sac plastique contenant
de la nourriture cuisinée et manger directement à partir
du sac.